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Émotivité humaine et éducation canine

Dernière mise à jour : 2 févr. 2023


Évoluer avec un être vivant et mener son éducation, nous confronte à beaucoup d’émotions. Parfois des violentes qui arrivent soudainement, d’autres qui s’installent lentement mais sûrement. Des ascenseurs émotionnels, des moments de doute, de joie… Un chien ce n’est pas tout rose, ce n’est pas forcément un long fleuve tranquille, nous disons qu’il est important d’écouter et de lire les émotions du chien, pour ne pas qu’il atteigne sa zone rouge. Mais qu’en est-il de nous, humain ?


Ici, je vais être théorique et subjective mais je vais également me livrer un peu en vous parlant de ma relation avec Girasol qui illustre bien l’idée que nos émotions sont liées aussi à l’éducation et aux résultats comportementales de notre chien. Je n’invente rien évidemment, mais je souhaite vous partager ceci pour que ceux qui comme moi, sont sensibles peuvent trouver une aide vers le « aller mieux ».



Les émotions négatives sont les émotions qui vous apportent du stress, des douleurs physiques et tout simplement qui vous mettent mal à l’aise dans votre quotidien ou sur l’instant. Nous pouvons parler de frustration, de colère, de tristesse… Ceux ne sont pas des émotions très funs dont on se passerait bien parfois, et pourtant, elles sont nécessaires pour notre développement personnel. Le but, tout comme avec le chien, est de maitriser leur intensité en évitant de rentrer dans notre zone rouge. Il est important de les connaître pour pouvoir les identifier, les comprendre et ensuite les gérer.


J’ai remarqué que les réseaux sociaux montraient également une image idéale dans l’éducation canine. Que ce soit à titre professionnel ou personnel, nous sommes noyés (merci l’algorithme) par le « chien parfait » qui écoute à la seconde, qui exécute tout ce que l’on demande… Certains éducateurs font le choix de montrer que ce qu'il y a de bien chez leur chien, je ne suis pas certaine que ça soit très sain mais les politiques commerciales pour se vendre sont parfois dures avec nous. Je trouve pourtant cela assez intéressants de montrer les galères que nous pouvons vivre avec nos chiens même si on est pro.


Chez certains d’entre nous, cette image parfaite peut nous mettre une énorme pression sur le rapport à notre chien. Nous souhaitons avoir le même chien que celui que nous voyons sur les réseaux mais nous n’y arrivons pas. Cela créer de la frustration, un sentiment d’échec, voire de la culpabilité. On cherche des solutions en lisant tout et son contraire sur le net. Comme pour tout, sachez que ce qui est montré sur internet ne résume pas la réalité de la vie. Votre chien, c’est VOTRE chien. Un individu parmi tous les autres individus. Il a son caractère, ses envies, ses émotions… Votre Médor n’est pas celui de votre voisin, du profil Instagram a 1m d’abonnés.



Chacun de nous avons un idéal vis-à-vis de notre chien. Nous voulons atteindre des objectifs précis plus ou moins rapidement. Nous pouvons également avoir beaucoup d’attente de notre chien : « Un super chien de famille », « Qu’il réponde au tac au tac », « qu’il soit calme en intérieur, énergique en extérieur » etc etc… Et pourtant, parfois, nous avons des désillusions car notre chien ne répond pas à ce que nous souhaitions ! Être trop exigeant peut de plus, nous donner beaucoup de pression.


Comme pour les réseaux, votre chien est un individu. Il vit ses propres émotions, ses propres envies… Il a sa propre échelle de progression, son propre temps d’adaptation. Si vous ne faites pas attention à ces points ci, vous allez aller trop vite, les résultats seront mitigés, vous serez déçus et vous vivrez également des émotions négatives. Le but dans l’éducation n’est pas d’aller vite mais d’offrir un cadre sécurisant et agréable à votre animal de compagnie pour qu’il puisse évoluer sereinement à vos côtés, et vous de même ! Le cadre ne concerne pas que le chien, mais également l’humain.



Si vous êtes énervés, si vous êtes stressés, si vous êtes déprimés, usés… Comment voulez-vous transmettre une bonne énergie à votre chien dans son éducation ? Vous perdez en concentration, en capacité d’analyse, la moindre difficulté peut devenir insurmontable… En sommes, vous perdez en productivité et votre chien en ressent les effets.


La frustration et la colère, nous la rencontrons beaucoup en éducation. Avec un chiot turbulent, avec un chien réactif, vivre au quotidien avec cette énergie bien active peut nous mettre un coup au moral mais aussi physiquement. Il faut accepter que nous puissions être fatigué, que nous n’en pouvons plus. Dédramatiser nos émotions négatives permet de prendre du recul. Mais il faut pour cela les identifier. Comme vous le ferez avec votre chien, posez-vous la question de savoir comment vous vous sentez à l’instant T et est-ce que vos émotions sont gérables ou au contraire, trop intenses pour travailler votre chien à ce moment précis de la journée. Si c'est le cas, inutile de se forcer, préférez une activité plus calme et plus fun pour vous et votre compagnon.



Nous sommes humains, l’erreur est humaine. Si vous vous plantez, ce n’est pas grave ! Le tout est d’arriver à prendre de la distance, à dédramatiser, à comprendre le pourquoi et repartir sur de bonnes bases la fois suivante. Si votre ton est plus fort qu’à d’autres moments, ce n’est pas grave non plus. Parfois, nous ne maitrisons pas notre énergie, nous l’évacuons comme nous pouvons. Moi-même, ça m’arrive ! Mes chiens n’ont pas peur de moi pour autant car c’est ponctuel, c’est maladroit et ce n’est pas la base de notre relation. Là où ça devient grave cela se produit à chaque interaction avec notre animal. Si vous remarquez que cela est constant, choisissez un endroit qui vous sert de sas de décompression, éloignez-vous de votre chien pour souffler, prendre de la distance et apaiser votre énervement. Cela sera plus productif que de passer vos nerfs sur votre chien.

N'hésitez pas à vous rapprocher de professionnels qui vous aideront à vous donner les clés pour gérer votre chien et vous retirez une charge mentale. Il est important de se remettre en question, sans que cela vire à l'obsession. Soyez modéré et raisonné pour vous permettre de prendre du recul sereinement.



Sachez d’abord, qu’avec mes chiens, je perds toute objectivité. Et c’est important de le souligner ! Quand nous connaissons nos chiens par cœur, il peut être difficile d’être rationnel. Je ne suis plus éducatrice avec eux, je suis leur humaine. Vous et votre chien, c’est pareil. Vivre h24 avec un autre être vivant, ce n’est pas la même chose que quelqu’un qui vient ponctuellement vous aidez et observer votre chien. Alors évidemment, je n’ai pas le même rapport avec les miens qu’avec les vôtre. Et cela joue beaucoup sur notre état émotionnel.


Pourquoi Girasol ? Parce que c’est le chien le plus formateur que j’ai eu dans ma vie et j’ai encore. De profil anxieux, parfois extraverti parfois introverti, nous avons vécus des choses assez intenses tous les deux (encore aujourd’hui) qu’elles soient négatives ou positives.


Pour situer le contexte, Girasol est arrivé dans notre vie il y a 6 ans. Nous l’avons adopté à ses 4 mois mais est arrivé chez nous à 6 mois. C’est un petit chien qui vient d’Espagne, il est né dans la rue et a vécu deux mois en refuge. Bien que son séjour dans les rues espagnoles fût court, nous avons compris rapidement qu’il avait eu le temps de subir des maltraitances (coup de balais, coup de pieds etc..) du fait de sa peur envers les objets et zones associées. Ceci n’était pas le problème. Nous nous sommes adaptés assez facilement. Le souci principal fut ceci : La gestion des crises d’anxiété de Girasol.


Lors de crises, mon Podenco s’isole, se gratte plus que d’habitude (car en plus de l’anxiété, il a le droit d’être allergique aux acariens), est en état d’alerte constant, les aboiements sont donc plus excessifs, il est plus triste et moins tolérant. Je parle au présent, car malgré le gros travail effectué, il lui arrive d’en avoir encore. Je ne comprenais d’où ça venait, je mettais ça sur le passif mais je ne trouvais pas plus de solution pour l’aider. Je ne voulais pas l’assommer de médicament par principe. Je cherchais donc des moyens plus adaptés et naturels pour lui. Cependant, il n’y avait pas d’efficacité.


La gestion d’environnement mit en place pour Girasol (hors suivi médical)

  • La présence de Lennon était déjà un facteur rassurant pour Girasol. Cela a été un élément fort pour l’aider à se stabiliser. (Mais je ne conseille cependant pas de prendre un second chien quand le premier est anxieux ! Rencontrer d’autres copains chiens en extérieur peut déjà être un gros plus pour lui)

  • Mise en place de jouets masticatoires et d’occupations : Malgré les jouets, Girasol pouvait être destructeur, notre ancien canapé s’en souvient.

  • Choisir des temps de balade où le parc est calme pour limiter la sur-stimulation environnementale.

  • Apprentissage routinier dans le lieu de vie (heures de repas, heure de coucher, de sortie…) : Ceci ne marche pas avec tous les chiens, la routine peut être un stress pour certains. Dans le cas de Girasol, il a besoin d’être en sécurité avec son environnement, la routine lui a permis d’être rassuré)

  • Déménagement : Premier gros changement pour Girasol à partir du moment où nous avons quitter notre appartement pour vivre en maison à la campagne. La baisse de la stimulation auditive et la valorisation d’une pièce assez grande (« la pièce des chiens ») a permit à Girasol de se stabiliser plus d’un point de vue émotionnel. Évidemment, il n’est pas possible pour tout le monde de déménager mais questionnez vous sur l’environnement autour du chien dans le lieu de vie afin de repérer les facteurs stressants.

  • (Re)mise en place du cadre routinier dans son nouvel environnement

Malgré tout ceci, Girasol continue d’avoir des crises d’anxiété. Alors qu'est ce qu'on fait ?


Une communication animale m’a aidé à y voir plus clair, il n’y a pas si longtemps que cela. Mais, elle m’a confirmé ce que je pensais depuis de nombreux mois. S’obstiner à regarder le chien et à l’observer n’était pas la solution pour trouver les raisons de ses crises d’anxiété. La caméra devait se tourner vers quelqu’un d’autre : moi !


Je n’étais pas bien psychologiquement (dès l’arrivée de Girasol et bien avant). Girasol a connu mon burn-out, la remontée fut compliquée, j’ai des séquelles encore aujourd’hui. Notre relation ne s’est pas construite aussi sereinement que je le pensais, de ce fait, lui et moi sommes très fusionnels émotionnellement. S’il ne va pas bien, je ne vais pas bien. Si je ne vais pas bien, il ne va pas bien. Par conséquent, à partir du moment où j’ai compris que ses crises d’anxiété étaient en grande partie alimenter par mes propres angoisses, Girasol est allé BEAUCOUP mieux. Car avant de gérer ses émotions, j’ai appris à gérer les miennes. Rien que sur mes promenades avec lui, où je n'osais pas le lâcher. Sur les lieux connus, il est dorénavant en liberté, le suivi naturel s'est fortement amélioré, je lui fais plus facilement confiance en ayant lâché prise. S'il ne revient pas tout de suite, tans pis ! Tant qu'il n'est pas en danger, je dédramatise.


Alors, mes émotions ne sont pas l’unique raison de l’anxiété de Girasol, les facteurs environnementaux pèsent également dans la balance, les douleurs dorsales qu’il peut avoir également. Mais, il est essentiel, d’analyser TOUS les composants de la vie du chien, et du coup, nous même, pour comprendre et tendre vers du mieux.




  • Ecartez-vous de ces images parfaites des réseaux sociaux et concentrer vous sur vos réels besoins et envies. Votre chien est un individu, vous êtes aussi un individu. Vous n’êtes pas ce que vous montre les réseaux.

  • Ne soyez pas trop ambitieux, adaptez-vous à votre chien, vos envies et votre temps. Acceptez ce que votre chien vous offre et donne et ne forcez pas les choses. Votre chien est unique, lui laisser le choix de vivre selon ses envies (sans le mettre en danger), lui fait gagner de l’autonomie et un capital réflexion, la confiance s’installera plus vite et vous serez plus serein tous les deux.

  • Ne vous imposez pas des séances de travail, si vous ne pouvez pas la mener. Ne sur-stimulez par votre animal par trop de séances ou des séances trop longues. Privilégiez des séances de quelques minutes pour les exercices d’obéissances ou de réactivité. Et si vous ne pouvez pas un jour, et bien ce n’est pas grave ! Tout comme les sorties quotidiennes de promenade, si un jour vous ne pouvez pas ce n’est pas grave. Proposez une autre activité à votre chien à la place.

  • Lire ses propres émotions et les accepter vous permettra de gagner en détente et vous arrivez à être plus stable émotionnellement avec votre animal.

  • Lâchez prise. Ne vous monter pas le bourrichon h24 quand quelque chose ne va pas. Prenez le temps de prendre de la distance, de souffler et de vous détendre.

  • Prendre de la distance et s’isoler au besoin. Au lieu de vous énerver sur votre chien (qui concrètement n’y comprendra pas grand-chose à par recevoir de la négativité intensément), isolez-vous dans une pièce, prenez de la distance, calmer vous et revenez voir votre chien quand vous vous allez mieux.

  • Changez votre angle d’analyse : Vous faites partis de l’environnement de votre chien, alors vous devez aussi réfléchir sur vous-même comme vous analysez son lieu de vie.

  • Faites-vous accompagner si vous ne savez plus gérer (ou que vous avez peur de ne plus avoir gérer) : L'accompagnement en éducation n'est pas un échec, au contraire, pour le bien être de votre animal, il est bénéfique. (A condition de bien choisir son éducateur!)

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